Ce site a été fait par un frère, pour sa sœur. Ce qui suit explique pourquoi.
Pourquoi ce site
Nastia regarde des films comme on respire. Pas de façon spectaculaire, pas comme quelqu'un qui cherche à cocher des cases ou à remplir un palmarès. Elle regarde avec une attention tranquille, une présence au monde qui passe par les images des autres. Il y a des gens pour qui le cinéma est une distraction ; pour elle, c'est plutôt une façon d'être là. Je le vois depuis longtemps. J'ai voulu marquer ça quelque part.
Letterboxd existe, bien sûr. Et Nastia l'utilise, son compte s'appelle anahoko, et c'est là que vivent ses notes, ses petites étoiles dorées, ses listes soigneusement tenues. Mais Letterboxd est un réseau social. Il y a des followers, des likes, des algorithmes qui poussent ce qui est populaire. Ce n'est pas un reproche, c'est simplement ce que c'est. Moi je voulais autre chose : un endroit qui ne ressemble qu'à elle. Un musée privé. Une salle de projection sans public, sans notation collective, sans pression. Un endroit où ses films ont du contexte, de la chair, une histoire à eux.
L'idée a commencé simplement. Je voulais lui offrir quelque chose qui n'était pas un objet mais un espace. Quelque chose qui durerait plus longtemps qu'un message, plus longtemps qu'une conversation. Et puis j'ai pensé : ses films méritent mieux qu'une liste. Ils méritent qu'on leur raconte d'où ils viennent. Qui les a faits. Dans quel monde ils ont été tournés. Ce que les gens pensaient de la société cette année-là, quels vents soufflaient sur le cinéma, quelle lumière particulière baignait cette époque. Pas un cours de cinéma, non. Juste un peu de contexte, posé doucement autour des films comme on pose un cadre autour d'une photo.
Ce site n'est pas fait pour être montré. Il n'y a pas de bouton "partager", pas de compte à créer, pas de profil à remplir. C'est juste un endroit où les films de Nastia existent d'une façon un peu plus belle que dans une base de données. Chaque film qu'elle a vu, chaque étoile qu'elle a donnée, chaque entrée dans son journal : tout est là, présenté avec soin, enrichi de contexte, habillé d'une typographie qu'elle aimerait. Je voulais que ce soit beau parce qu'elle le mérite, et parce que le cinéma le mérite.
Comment il est fait
La base de tout, ce sont les données de Letterboxd. Nastia peut exporter son compte depuis ses réglages : ça donne un fichier CSV, une liste propre de tout ce qu'elle a vu, les dates, les notes, les favoris. C'est le point de départ, le carnet brut. Ce fichier est intégré au site et donne accès à tout l'historique passé, du premier film jusqu'au dernier exporté.
Pour les films récents, le site écoute en direct le flux RSS que Letterboxd génère automatiquement pour chaque compte. C'est comme un abonnement silencieux : dès que Nastia enregistre un nouveau visionnage là-bas, le site le voit apparaître ici peu après. Pas besoin de rien faire. Le journal se met à jour tout seul, comme un carnet qui s'écrit pendant qu'on dort.
Les affiches viennent directement des serveurs de Letterboxd. Elles ne sont pas copiées ni stockées ici. Le site les emprunte, c'est tout. Et pour le contexte, les anecdotes, les petits paragraphes qui racontent l'histoire d'un film : c'est Claude, l'intelligence artificielle d'Anthropic, qui les génère. On lui donne le titre, le réalisateur, l'année. Il donne en retour quelques lignes sur le monde de l'époque, sur ce qui se passait dans le cinéma de ce temps-là, sur ce qui rend ce film particulier dans son contexte. Pas parfait, pas exhaustif, mais honnête. Un ami cultivé qui parle de ce qu'il sait.
Le site tourne sur Cloudflare Pages, il est gratuit à héberger et ne stocke aucune donnée personnelle. Il n'a pas de publicité. Il ne trackera jamais rien sur Nastia. C'est une page web comme on en faisait au début : pour une personne, pas pour un public.
Pourquoi un teckel
Nastia adore les teckels. Ce n'est pas plus compliqué que ça, et en même temps c'est tout. Il y a quelque chose dans ces chiens qui ressemble à une certaine façon d'être dans le monde : sérieux dans l'allure, espiègle dans le regard, avec ce corps allongé qui semble toujours légèrement absurde et totalement assumé. Ils avancent avec la conviction tranquille de ceux qui savent ce qu'ils aiment. Il fallait une mascotte pour ce site, et aucun autre animal ne pouvait faire l'affaire.
Les huit teckels du site sont des illustrations anciennes, trouvées dans des livres de gravures du siècle passé. Ils apparaissent entre les sections, dans l'en-tête, dans le pied de page, comme des petits gardiens discrets. Celui de la page d'accueil est assis. Il attend. C'est exactement la bonne posture pour un site consacré au cinéma.
Crédits
La fiche technique
Typographies
Cormorant Garamond · Lora
Palette
Crème papier, chocolat chaud, olive des prés, tulipes roses et orangées
Motifs
Tulipes inspirées des arts populaires d'Europe centrale, milieu du XXe siècle