Carnet d'histoire du cinéma
Une chronologie pour s'orienter dans deux siècles d'images.
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↓ Sommaire écrit
Chapitre 01 · 1820-1894Avant le cinéma : décomposer le mouvement
1832
Phénakistiscope et Stroboscope
Joseph Plateau en Belgique et Simon Stampfer en Autriche inventent simultanément un disque rotatif percé de fentes qui, observé dans un miroir, fait croire au mouvement. Première illusion d'image animée tenue dans la main.
1834
Zootrope
William George Horner perfectionne le principe : un cylindre fendu où l'on insère une bande de dessins. Plusieurs spectateurs peuvent regarder en même temps.
1874
Le Passage de Vénus
L'astronome français Pierre Jules Janssen conçoit un revolver photographique pour enregistrer le passage de Vénus devant le Soleil. C'est la première séquence d'images successives prises par un appareil. Le cinéma naît d'une question d'astronomie.
1877
Praxinoscope
Émile Reynaud en France améliore le zootrope avec des miroirs centraux. Image plus nette, sans clignotement. Dix ans plus tard, il projette ses Pantomimes lumineuses au musée Grévin (1892-1900) : premières projections animées pour le public, dessinées image par image sur de longues bandes perforées. Ancêtre direct du dessin animé.
1878
Sallie Gardner at a Gallop
L'Anglais Eadweard Muybridge photographie le cheval du gouverneur californien Leland Stanford avec 24 appareils déclenchés par des fils. Il prouve que les quatre sabots quittent le sol simultanément. Sa chronophotographie ouvre l'étude scientifique du mouvement.
1882
Fusil chronophotographique
Le physiologiste français Étienne-Jules Marey invente une caméra en forme de fusil capable de prendre 12 images par seconde sur une seule plaque. Il étudie le vol des oiseaux. Marey est le dernier maillon scientifique avant l'invention industrielle du cinéma.
1888
Roundhay Garden Scene
Le Français Louis Le Prince, installé à Leeds, filme une scène de jardin à 12 images par seconde sur une bande de papier. C'est le premier film de l'histoire. Le Prince disparaît mystérieusement dans un train en 1890, deux mois avant de présenter son invention à New York.
1891
Kinétographe et Kinétoscope
Aux États-Unis, Thomas Edison et son ingénieur William Dickson mettent au point le Kinétoscope : un appareil de vision individuelle où l'on regarde par un œilleton. Système payant en salle d'arcade. Edison ne croit pas à la projection collective. Erreur historique : il sera dépassé par les Lumière quatre ans plus tard.
Chapitre 02 · 1895-1908La naissance du cinéma
28 décembre 1895
Première séance Lumière, Paris
Au Salon Indien du Grand Café boulevard des Capucines, Auguste et Louis Lumière projettent dix films d'une minute chacun devant 33 spectateurs payants. Parmi eux : La Sortie de l'usine Lumière, L'Arrivée d'un train en gare, L'Arroseur arrosé. Acte de naissance officiel du cinéma. Le Cinématographe est à la fois caméra, tireuse et projecteur, breveté quelques mois plus tôt.
Anecdote : la légende veut que les spectateurs aient fui devant le train. C'est probablement un mythe propagé plus tard.
1896-1897
Les opérateurs Lumière conquièrent le monde
Les Lumière envoient une trentaine d'opérateurs filmer aux quatre coins du monde : Inde, Égypte, Japon, Russie, Amérique latine. Ils créent les premières actualités filmées et constituent une archive mondiale. Le cinéma devient documentaire mondial dès sa naissance.
1896-1913
L'imaginaire de Méliès
Magicien parisien, Georges Méliès achète une caméra à Robert Paul et fonde la Star Film. Il invente les effets spéciaux : arrêt de caméra, fondus, surimpressions, maquettes. Il construit le premier studio vitré à Montreuil. En 1902, son Voyage dans la Lune devient le premier blockbuster de l'histoire : 17 minutes de science-fiction féérique. Pillé par les distributeurs américains, Méliès meurt ruiné dans les années 1930. Le cinéma comme art du rêve commence avec lui.
1903
The Great Train Robbery
Aux États-Unis, Edwin S. Porter tourne pour Edison un film de 12 minutes qui combine montage parallèle, mouvement de caméra, action en extérieur. Premier western, première fiction américaine narrative. Le langage du cinéma s'invente plan par plan.
1907-1908
Naissance d'Hollywood
Pour échapper aux brevets d'Edison sur la côte Est, des producteurs émigrent vers la Californie. Le climat, la lumière, l'éloignement des avocats new-yorkais font de Los Angeles le nouveau centre. Hollywood n'est encore qu'un village de 5000 habitants, mais en dix ans il devient capitale mondiale.
Chapitre 03 · 1908-1927Le grand muet : l'industrie naît
1908
L'Assassinat du duc de Guise
Le Film d'Art en France engage des acteurs de la Comédie-Française et une musique de Camille Saint-Saëns. Tentative de légitimer le cinéma comme art bourgeois. Échec commercial mais succès symbolique.
1915
Naissance d'une nation
L'Américain D.W. Griffith signe un film de 3 heures qui révolutionne la grammaire du cinéma : gros plans, montage alterné, mouvements de foule, fresques de bataille. Premier blockbuster. Mais c'est aussi une œuvre profondément raciste qui glorifie le Ku Klux Klan. Le film provoque des émeutes. Griffith se rachète avec Intolérance (1916). Il reste l'un des inventeurs majeurs du langage filmique malgré sa face sombre.
1917-1922
Les Big Five se forment
Aux États-Unis, cinq studios prennent le contrôle : Paramount, Loew's/MGM, First National (puis Warner), Fox, RKO. Plus les Little Three : Universal, Columbia, United Artists. Le système des studios s'établit : production verticale, contrats d'esclavage pour les acteurs, salles propres aux studios. Il durera jusqu'à 1948 et le procès antitrust Paramount.
1919
United Artists
Charlie Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks et D.W. Griffith fondent leur propre studio pour échapper au système. Premier studio fondé par des artistes. Idée révolutionnaire qui inspirera Lucas et Coppola soixante ans plus tard.
1920-1928
L'apogée du burlesque américain
Trois génies dominent : Charlie Chaplin (Charlot, créé en 1914) signe Le Kid (1921), La Ruée vers l'or (1925), Les Lumières de la ville (1931). Buster Keaton invente le burlesque cérébral et acrobatique (Sherlock Jr. 1924, Le Mécano de la Général 1926). Harold Lloyd incarne l'Américain moyen optimiste. Le rire devient une langue universelle.
1925
Le Cuirassé Potemkine
En URSS, Sergueï Eisenstein sort Le Cuirassé Potemkine. La séquence des escaliers d'Odessa devient l'un des moments les plus étudiés du cinéma mondial. Théorie du montage des attractions : choquer le spectateur par le rythme. Eisenstein, Vertov et Kuleshov refondent ce qu'est le cinéma.
1927
Metropolis
L'Allemand Fritz Lang signe la SF expressionniste matricielle. Premier robot humanoïde du cinéma. Budget de 5 millions de marks, plus cher film allemand de l'histoire. Pillé visuellement par tous les blockbusters depuis (Blade Runner, Star Wars, Matrix).
Chapitre 04 · 1919-1929Les avant-gardes du muet
Mouvement
L'expressionnisme allemand (1919-1933)
Né du traumatisme de la Première Guerre. Décors peints, ombres déformées, personnages habités par l'angoisse. Esthétique de la maladie mentale et du surnaturel.
- Le Cabinet du Dr Caligari (1920) de Robert Wiene : acte de naissance, décors triangulaires fous
- Nosferatu (1922) de F.W. Murnau : premier Dracula au cinéma
- Le Dernier des hommes (1924) de Murnau : caméra qui bouge constamment, narration sans intertitres
- Faust (1926) de Murnau ; M le maudit (1931) de Lang
Les nazis arrivent au pouvoir en 1933. La plupart des cinéastes (Lang, Murnau, Lubitsch, Wilder) fuient à Hollywood et transforment le cinéma américain.
Mouvement
Le montage soviétique (1924-1930)
Lénine déclare en 1922 : « Le cinéma est pour nous le plus important de tous les arts. » L'URSS finance des cinéastes-théoriciens qui réinventent le langage. La théorie du montage des attractions est l'idée que le sens naît du choc entre deux plans, pas du plan lui-même.
- Sergueï Eisenstein : Grève (1925), Potemkine (1925), Octobre (1928), Alexandre Nevski (1938)
- Dziga Vertov : L'Homme à la caméra (1929), pamphlet documentaire
- Lev Kuleshov : théoricien, fameux effet Kuleshov qui prouve que le même visage prend trois sens selon le plan qui le suit
- Vsevolod Poudovkine : La Mère (1926), La Tempête sur l'Asie (1928)
Sous Staline (à partir de 1932), le réalisme socialiste impose une esthétique académique. Eisenstein est censuré, ses derniers films (Ivan le Terrible) sont commandés puis interdits.
Mouvement
Avant-gardes françaises (1920-1930)
Trois courants se chevauchent en France :
- Impressionnisme (Abel Gance, Germaine Dulac, Jean Epstein) : représenter la subjectivité, les sentiments. Apogée avec Napoléon de Gance (1927), 4 heures, triple écran, caméra subjective inédite.
- Surréalisme : Luis Buñuel et Salvador Dalí signent Un chien andalou (1929), 16 minutes choc. Buñuel poursuit avec L'Âge d'or (1930), scandale provoqué.
- Documentaire poétique : Jean Vigo signe Zéro de conduite (1933) et L'Atalante (1934) avant de mourir à 29 ans.
Chapitre 05 · 1927-1945L'arrivée du parlant et l'âge d'or hollywoodien
1927
The Jazz Singer
Warner Bros. sort un film en partie sonorisé avec Al Jolson chantant. « Vous n'avez encore rien entendu ! » est la première phrase prononcée. Succès massif. En deux ans, Hollywood passe entièrement au parlant. Carrières brisées : John Gilbert, Norma Talmadge, beaucoup d'acteurs à fort accent ou voix faible. Singin' in the Rain (1952) raconte cette transition avec nostalgie.
1930
Création du Code Hays (Production Code)
Will H. Hays, ancien sénateur, est nommé en 1922 à la tête de la MPPDA pour redorer l'image d'Hollywood après des scandales (mort de Virginia Rappe, suicides). En 1930, sous la pression des associations religieuses et des États qui menacent de censurer chacun à leur manière, il publie un Code de Production. Tout y passe : sexualité, violence, blasphème, drogue, mariage interracial. Aucune scène ne peut suggérer un baiser horizontal, les couples mariés doivent dormir dans des lits jumeaux séparés.
1930-1934
L'ère Pre-Code
Le code existe mais n'est pas vraiment appliqué. Pendant quatre ans, Hollywood produit des films d'une liberté sexuelle et politique stupéfiante : Mae West provoque, les gangsters sont des héros, les femmes divorcent et travaillent. Films emblématiques : Frankenstein (1931), Scarface de Hawks (1932), King Kong (1933), Baby Face avec Barbara Stanwyck (1933). C'est une parenthèse libre que la suite va effacer.
1934
Application stricte du Code Hays
Sous la pression de la Legion of Decency catholique (boycott menaçant), Joseph Breen prend la tête de la Production Code Administration. À partir de juillet 1934, aucun film ne peut sortir sans son tampon d'approbation. Hollywood se censure lui-même. Cette autorégulation tiendra trente ans. Elle force aussi à inventer : les cinéastes apprennent à suggérer sans montrer (le baiser interrompu, le train qui entre dans le tunnel, etc.).
1934-1945
L'âge d'or des studios
Hollywood produit jusqu'à 500 films par an, dans tous les genres. Chaque studio a son identité : MGM (luxe et stars), Warner (films sociaux et gangsters), Paramount (sophistication européenne), RKO (Astaire-Rogers, King Kong, Welles), Universal (films d'horreur).
Films emblématiques : Capra (Mr Smith au Sénat, La Vie est belle), Hawks (L'Impossible M. Bébé), Ford (La Chevauchée fantastique, Les Raisins de la colère), Wyler (Les Hauts de Hurlevent), Hitchcock arrive d'Angleterre en 1939 (Rebecca, L'Ombre d'un doute), Wilder émigré allemand (Assurance sur la mort).
1939
L'année miracle d'Hollywood
Sortent en quelques mois : Autant en emporte le vent (Victor Fleming), Le Magicien d'Oz (Fleming), La Chevauchée fantastique (Ford), La Règle du jeu (Renoir), Ninotchka (Lubitsch). Le moment le plus dense de l'histoire du cinéma classique. La même année, l'Europe entre en guerre.
1941
Citizen Kane
Orson Welles, 25 ans, signe son premier film. Profondeur de champ inédite, narration éclatée, plafonds visibles, plans inclinés. Échec commercial (Hearst, modèle de Kane, fait boycotter la production). Réhabilité dans les années 1950, considéré comme le sommet du cinéma américain classique.
1940-1945
Le cinéma en guerre
Hollywood se mobilise : films de propagande (Mrs. Miniver 1942, Casablanca 1942, To Be or Not to Be de Lubitsch 1942), reportages de guerre par John Ford, John Huston, Frank Capra (série Why We Fight). En Allemagne, Leni Riefenstahl signe Le Triomphe de la volonté (1935) et Les Dieux du stade (1938), génie esthétique au service de l'horreur. En Italie, le néoréalisme se prépare dans la clandestinité.
Chapitre 06 · 1930-1968Le Code Hays : Hollywood sous contrôle
Synthèse
Les trois phases du Code Hays
- 1930-1934 — Pre-Code. Le code existe sur le papier mais est ignoré. Hollywood produit des films libres, sexualisés, violents. Cette parenthèse de quatre ans est un trésor caché du cinéma américain.
- 1934-1958 — Application stricte. Sous Joseph Breen, aucun film ne sort sans certificat. Les cinéastes inventent la suggestion, le sous-entendu, le double sens. C'est aussi l'âge d'or du film noir (Wilder, Hitchcock, Lang exilé) qui ruse avec les interdits.
- 1958-1968 — Effondrement. Le public se lasse, la télévision concurrence, le cinéma européen (Bergman, Fellini, Bardot) est plus libre, les studios sont en crise. Otto Preminger sort L'Homme au bras d'or (1955) puis Anatomie d'un meurtre (1959) sans certificat et avec succès. Qui a peur de Virginia Woolf ? (1966) achève le code.
1968. Remplacement par le système de classification par âge de la Motion Picture Association : G (general), M (mature), R (restricted), X (adults only). Devient G, PG, PG-13, R, NC-17 dans les années 1980-1990. Système toujours en vigueur.
Détail
Ce que le Code interdisait
- La nudité même partielle, le sexe explicite ou implicite, le baiser horizontal
- L'homosexualité (devient invisible mais codée : voir Rope de Hitchcock 1948)
- Le mariage interracial
- La drogue, l'avortement, l'inceste
- Le suicide montré, le crime non puni
- Le ridicule du clergé
- Les jurons (même « damn », d'où le scandale du « Frankly my dear, I don't give a damn » d'Autant en emporte le vent)
Résultat paradoxal : les meilleurs films américains de cette période sont ceux qui contournent le code avec génie. Le sous-texte devient une matière. Hawks, Hitchcock, Wilder, Sturges en sont les maîtres.
Chapitre 07 · 1945-1955Néoréalisme italien et reconstruction
1945
Rome, ville ouverte
Roberto Rossellini tourne dans Rome encore occupée par les Allemands. Pellicule récupérée, équipe de fortune, Anna Magnani sublime. Manifeste du néoréalisme. Suivi par Paisà (1946) et Allemagne année zéro (1948), trilogie de la guerre.
1948
Le Voleur de bicyclette
Vittorio De Sica et son scénariste Cesare Zavattini filment l'histoire d'un père chômeur qui cherche son vélo volé dans Rome. Acteurs non-professionnels. Cinéma de la pauvreté, du quotidien, de la dignité. Œuvre fondatrice étudiée dans toutes les écoles.
1948-1952
L'apogée et la fin
Sortent encore : La Terre tremble de Visconti (1948, en sicilien sous-titré italien), Umberto D. de De Sica (1952). Mais l'Italie reconstruit son économie, le néoréalisme se dilue dans le mélodrame ou la comédie. Federico Fellini, ancien scénariste de Rossellini, signe Les Vitelloni (1953) et La Strada (1954) : on passe du social au psychologique. C'est la fin officielle du mouvement.
Après 1955
Les héritiers
De De Sica et Rossellini émergent les grands modernes italiens : Michelangelo Antonioni (L'Avventura 1960, L'Eclipse 1962), Luchino Visconti (Senso 1954, Le Guépard 1963), Pasolini, Bertolucci. L'Italie reste, jusqu'aux années 1970, le pays du cinéma d'auteur le plus influent au monde après la France.
Chapitre 08 · 1950-1965L'âge d'or du cinéma japonais
1950
Rashomon
Akira Kurosawa signe un film en quatre versions contradictoires d'un même crime. Concept de la vérité relative entré dans le vocabulaire courant (« effet Rashomon »). Toshirô Mifune devient star mondiale. Suivent : Les Sept Samouraïs (1954), Le Trône de sang (1957, Macbeth japonais), Yojimbo (1961), Ran (1985).
1953
Voyage à Tokyo
Yasujirō Ozu, depuis 1927, signe des films sur la cellule familiale, presque toujours avec les mêmes acteurs (Setsuko Hara), filmés depuis le tatami à un mètre du sol. Voyage à Tokyo est son chef-d'œuvre absolu : deux vieux parents rendent visite à leurs enfants à Tokyo, qui n'ont plus le temps pour eux. Le temps, la mort, la dignité. Ozu meurt en 1963 le jour de ses 60 ans.
1953
Les Contes de la lune vague après la pluie
Kenji Mizoguchi, le troisième maître. Cinéaste de la condition féminine, longs plans-séquences, splendeur des compositions. Aussi : La Vie d'O-Haru femme galante (1952), Les Amants crucifiés (1954). Meurt en 1956.
1953-1965
L'âge d'or des genres japonais
Au-delà des trois maîtres, le Japon produit une masse de cinéma populaire de très haut niveau : jidaigeki (films d'époque, sabreurs samouraïs), kaiju (Godzilla 1954 de Honda), films yakuza, pinku eiga érotiques. Kobayashi signe la trilogie monumentale La Condition humaine (1959-1961, 9h30) sur un pacifiste dans l'armée impériale. Et Harakiri (1962), satire des codes samouraïs.
Années 1960
La Nouvelle Vague japonaise
Génération d'après-guerre désenchantée. Nagisa Ōshima (Le Pays du soleil levant, L'Empire des sens 1976), Imamura, Shōhei. Cinéma politique, érotique, transgressif. Annonce le cinéma asiatique radical d'aujourd'hui.
Chapitre 09 · 1944-1958Film noir et maccarthysme à Hollywood
Mouvement
Le film noir (1944-1958)
Caractéristiques : femmes fatales, détectives privés cyniques, ombres expressionnistes, voix off narrative, fatalité tragique, héros vaincu d'avance. Influence directe de l'expressionnisme allemand (les exilés ont apporté leur lumière). Souvent adapté de romans hardboiled (Dashiell Hammett, Raymond Chandler, James M. Cain).
- Assurance sur la mort (1944) de Billy Wilder, scénario de Chandler
- Laura (1944) d'Otto Preminger
- Le Faucon maltais (1941) de John Huston avec Humphrey Bogart
- Le Grand Sommeil (1946) de Howard Hawks
- Boulevard du crépuscule (1950) de Wilder
- Quand la ville dort (1950) de Huston
- Touch of Evil (1958) d'Orson Welles, considéré comme le dernier grand film noir classique
1947
Les Dix d'Hollywood
La House Un-American Activities Committee convoque dix scénaristes et cinéastes soupçonnés de sympathies communistes. Ils refusent de répondre. Ils sont condamnés à la prison et inscrits sur une liste noire. Pendant dix ans, plus de 300 professionnels sont interdits de travail à Hollywood. Joseph Losey s'exile en Angleterre, Jules Dassin en France, Charlie Chaplin en Suisse. Edward Dmytryk craque et dénonce des collègues pour pouvoir retravailler.
1948
Arrêt Paramount
La Cour suprême condamne les studios pour pratique monopolistique : ils devaient renoncer à posséder leurs salles. Fin du système des studios verticaux. Coup mortel : sans contrôle de la distribution, les studios perdent leurs marges. L'âge d'or se termine.
1950
La télévision arrive
En 1950, 9% des foyers américains ont la télé. En 1960, 90%. Le cinéma perd la moitié de ses spectateurs en dix ans. Pour résister, Hollywood invente : CinemaScope (1953), Technicolor généralisé, péplums géants (Quo Vadis, Ben-Hur 1959), comédies musicales somptueuses, comédies romantiques.
1954
Chute de McCarthy
Le sénateur s'attaque à l'armée et perd. Il est censuré par le Sénat, meurt alcoolique en 1957. La liste noire commence à se dissoudre, certains scénaristes (Dalton Trumbo) écrivent sous pseudonyme jusqu'à 1960. Trumbo de Jay Roach (2015) raconte cette histoire.
Chapitre 10 · 1958-1968La Nouvelle Vague française
Mouvement
Les principes de la Nouvelle Vague
- Tourner dans la rue, avec caméra légère (la nouvelle caméra Éclair-Coutant rend ça possible), pellicule rapide, son direct quand on peut
- Budgets minimaux, équipes réduites, acteurs jeunes et inconnus (Jean-Pierre Léaud, Anna Karina, Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau)
- Liberté narrative : digressions, faux raccords, regards caméra, montage cut, voix off littéraire
- Politique des auteurs : chaque cinéaste a une signature reconnaissable
- Cinéphilie débordante : citations d'Hitchcock, de Lang, plans-hommages, autoréflexivité
1958
Le Beau Serge
Claude Chabrol sort le premier film de la bande. Tourné à Sardent en Creuse, avec ses propres économies. Considéré comme l'acte de naissance officiel de la Nouvelle Vague.
1959
Les Quatre Cents Coups
François Truffaut, 27 ans, signe son premier long. Antoine Doinel, alter ego, marqué à vie. Prix de la mise en scène à Cannes. Le plan final sur Jean-Pierre Léaud regardant la mer devient l'image emblématique du mouvement.
1960
À bout de souffle
Jean-Luc Godard, 30 ans, sort le manifeste absolu. Scénario de Truffaut, dialogues improvisés, Belmondo et Jean Seberg, montage jump cuts qui choque (les producteurs voulaient couper, Godard a sauvé les raccords sautés). Tout le cinéma moderne en sort.
1959-1968
L'explosion
En quelques années, sortent : Truffaut (Tirez sur le pianiste 1960, Jules et Jim 1962, La Peau douce 1964), Godard (Vivre sa vie 1962, Le Mépris 1963, Pierrot le Fou 1965, Masculin Féminin 1966), Chabrol (Les Cousins, Les Bonnes Femmes 1960), Rohmer (Le Signe du Lion 1962, La Collectionneuse 1967), Rivette (Paris nous appartient 1961, L'Amour fou 1969). Et autour : Resnais (Hiroshima mon amour 1959, L'Année dernière à Marienbad 1961), Varda (Cléo de 5 à 7 1962), Demy (Lola 1961, Les Parapluies de Cherbourg 1964).
1968
Mai 68 et la fin
Lors du Festival de Cannes 1968, Truffaut et Godard montent sur scène et font fermer le festival en solidarité avec les ouvriers et les étudiants. La Nouvelle Vague comme mouvement se dissout : Godard part vers le militantisme (Groupe Dziga Vertov), Truffaut continue tranquillement, Chabrol fait du polar. Mais l'esthétique a contaminé le monde.
Chapitre 11 · 1959-1975Les autres nouvelles vagues mondiales
Mouvement
Free Cinema britannique (1956-1963)
Lindsay Anderson, Karel Reisz, Tony Richardson. Cinéma social, classes populaires du Nord industriel, sexualité moins prude qu'à Hollywood. Samedi soir, dimanche matin (1960), The Loneliness of the Long Distance Runner (1962), This Sporting Life (1963).
Mouvement
Nouvelle Vague tchécoslovaque (1963-1968)
Brève parenthèse de liberté pendant le Printemps de Prague. Miloš Forman (Les Amours d'une blonde 1965, Au feu, les pompiers ! 1967), Věra Chytilová (Les Petites Marguerites 1966, féministe et surréaliste), Jiří Menzel (Trains étroitement surveillés 1966, oscar). L'invasion soviétique d'août 1968 brise tout. Forman s'exile à Hollywood, où il fera Vol au-dessus d'un nid de coucou et Amadeus.
Mouvement
Cinema Novo brésilien (1960-1971)
Glauber Rocha, Nelson Pereira dos Santos. Slogan : « Une caméra à la main, une idée dans la tête. » Cinéma politique, anti-colonial. Le Dieu noir et le diable blond (1964), Terre en transes (1967). Dictature militaire à partir de 1964 le brise.
Mouvement
Nouveau cinéma allemand (1962-1982)
Manifeste d'Oberhausen 1962 : « Le cinéma de papa est mort. » Trois grandes figures émergent : Rainer Werner Fassbinder (40 films en 14 ans, mort à 37 ans, signature mélodramatique : Tous les autres s'appellent Ali 1974, Le Mariage de Maria Braun 1979), Werner Herzog (extrémisme physique : Aguirre la colère de Dieu 1972, Fitzcarraldo 1982), Wim Wenders (road movies métaphysiques : Paris Texas 1984, Les Ailes du désir 1987).
Mouvement
Cinéma soviétique du Dégel (1956-1968)
Après la mort de Staline (1953), Khrouchtchev dénonce les crimes du régime au XXᵉ Congrès (1956). Période de relative liberté. Mikhail Kalatozov signe Quand passent les cigognes (1957, Palme d'or 1958). Andreï Tarkovski commence : L'Enfance d'Ivan (1962), Andreï Roublev (1966, censuré pendant 5 ans), Solaris (1972), Le Miroir (1975), Stalker (1979). Tarkovski s'exile en 1982, meurt en 1986 à Paris.
Chapitre 12 · 1967-1980Le Nouvel Hollywood
1967
Bonnie and Clyde
Arthur Penn signe le premier coup. Violence inédite (l'embuscade finale), héros criminels glamourisés, structure inspirée de la Nouvelle Vague (Truffaut et Godard avaient été pressentis pour la mise en scène). Le Code Hays vient de tomber, tout devient possible.
1968
2001 et le Lauréat
Stanley Kubrick signe 2001 l'Odyssée de l'espace : 19 minutes sans dialogue, ellipses cosmiques, méditation philosophique. Et Mike Nichols signe Le Lauréat avec Dustin Hoffman : le malaise de la jeunesse, musique de Simon & Garfunkel.
1969
Easy Rider
Dennis Hopper et Peter Fonda tournent un road movie hippie. Budget 400 000 dollars, recette 60 millions. Les studios comprennent que la jeunesse rapporte. Bertolucci, Coppola, Scorsese, Spielberg, Lucas commencent à pouvoir tourner ce qu'ils veulent.
1972
Le Parrain
Francis Ford Coppola, 32 ans. Marlon Brando relancé, Al Pacino inconnu, fresque italo-américaine de trois heures. Plus gros succès du moment, oscar du meilleur film. Suivi du Parrain II (1974), oscars en cascade, considéré par beaucoup comme la suite supérieure à l'original.
1973-1979
Scorsese, Coppola, Allen, Cassavetes
Martin Scorsese : Mean Streets (1973), Taxi Driver (1976), Raging Bull (1980). John Cassavetes (l'inventeur de l'indé américain) : Une femme sous influence (1974). Woody Allen : Annie Hall (1977, 4 oscars), Manhattan (1979). Coppola : Conversation secrète (1974), Apocalypse Now (1979, tourné aux Philippines pendant 16 mois, presque ruineux pour Coppola). Michael Cimino : Voyage au bout de l'enfer (1978).
1975
Les Dents de la mer
Steven Spielberg, 27 ans. Premier blockbuster moderne au sens où on l'entend aujourd'hui : sortie nationale simultanée, campagne marketing massive, recette dépassant 470 millions. Le modèle économique d'Hollywood bascule. Plus jamais on ne reviendra aux sorties progressives.
Chapitre 13 · 1975-1995L'ère du blockbuster
1977
Star Wars
George Lucas sort La Guerre des étoiles. Refusé par tous les studios, sauvé par Fox qui n'y croit pas. Recette : 775 millions. Lucas négocie de garder les droits du merchandising : devient milliardaire grâce aux figurines, pas au film. Naissance de la franchise comme modèle économique.
1980
La Porte du paradis
Michael Cimino, après l'oscar du Deer Hunter, dépense 44 millions sur un western anti-américain. Échec total. United Artists coule. Symbole de la fin du Nouvel Hollywood : les studios reprennent le pouvoir sur les auteurs. Cimino ne s'en remettra jamais.
1982
E.T. l'extra-terrestre / Blade Runner
Spielberg signe E.T., film familial absolu, recette historique. Au même moment sort Blade Runner de Ridley Scott, échec commercial à l'époque, considéré aujourd'hui comme le chef-d'œuvre SF du siècle. Esthétique cyberpunk inspirée par Metropolis et les comics de Moebius.
1984
Once Upon a Time in America
Sergio Leone termine son film testament, fresque de 3h49 sur la mafia juive new-yorkaise. Massacré au montage américain (139 min). Restauré progressivement. Aujourd'hui considéré comme son chef-d'œuvre absolu, avec une partition d'Ennio Morricone qui hante encore.
1989
Do the Right Thing
Spike Lee fait exploser la représentation noire à Hollywood avec son film sur les tensions raciales à Brooklyn par une journée de canicule. Premier d'une longue série jusqu'à BlacKkKlansman (2018).
1990-1995
Les grands de la fin de siècle
Martin Scorsese : Les Affranchis (1990), Casino (1995). Tim Burton : Edward aux mains d'argent (1990), Ed Wood (1994). Quentin Tarantino émerge : Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (Palme d'or 1994). James Cameron : Terminator 2 (1991), Titanic (1997, plus gros succès jamais à l'époque). Spielberg : Jurassic Park (1993), Schindler's List (1993, oscar).
Chapitre 14 · 1989-2005Indépendants et révolution numérique
1989
sex, lies, and videotape
Steven Soderbergh, 26 ans, gagne la Palme d'or avec un premier film à 1,2 million de dollars. Acte de naissance du sundance-indé. Miramax achète et lance la mode. Suivront Tarantino, Kevin Smith, les frères Coen, Paul Thomas Anderson, Wes Anderson.
1994
Pulp Fiction
Quentin Tarantino gagne la Palme d'or à 31 ans. Recette 213 millions. Structure non-linéaire, dialogues savoureux, recyclage pop culture. Définit le ton du cinéma américain des années 1990.
1995
Toy Story
John Lasseter et Pixar sortent le premier long métrage entièrement en images de synthèse. Disney distribue. Bascule technologique majeure. L'animation traditionnelle 2D décline. Pixar enchaîne les chefs-d'œuvre (1001 Pattes, Monstres et Cie, Le Monde de Nemo, Les Indestructibles, Ratatouille, Wall-E, Up).
1998-2002
Dogme 95 et le numérique
Les Danois Lars von Trier et Thomas Vinterberg signent le manifeste Dogme 95 : tournage caméra à l'épaule, son direct, pas de musique extradiégétique, pas d'éclairage. Films : Festen (1998), Les Idiots (1998), Dancer in the Dark (2000). Le numérique HD arrive : 28 Days Later (2002) de Danny Boyle est l'un des premiers blockbusters tournés en DV.
2001
Le Seigneur des Anneaux
Peter Jackson, néo-zélandais sorti de l'horreur indé (Bad Taste, Braindead), tourne la trilogie Tolkien en une seule production de 3 ans en Nouvelle-Zélande. Le Retour du roi (2003) rafle 11 oscars. Modèle de l'épopée fantasy moderne, qui essaime jusqu'à Game of Thrones.
2003-2005
L'année de tous les chefs-d'œuvre
Sortent en quelques mois : In the Mood for Love (Wong Kar-wai 2000), Mulholland Drive (David Lynch 2001), City of God (Fernando Meirelles 2002), Old Boy (Park Chan-wook 2003), 2046 (Wong 2004), Brokeback Mountain (Ang Lee 2005). Le cinéma d'auteur mondial vit un sommet.
Chapitre 15 · 1980-2020L'Asie au sommet : Hong Kong, Iran, Corée, Taïwan
Mouvement
Hong Kong (1986-1997)
Avant la rétrocession à la Chine de 1997, Hong Kong vit dix années dorées. Industrie hyper-prolifique (300 films par an au pic), entre arts martiaux et drame d'auteur.
- John Woo : Le Syndicat du crime (1986), The Killer (1989), Hard Boiled (1992). Inventeur du « bullet ballet ».
- Wong Kar-wai : Chungking Express (1994), Happy Together (1997), In the Mood for Love (2000). Maître du lyrisme amoureux.
- Tsui Hark, Stephen Chow (comédies décalées : Shaolin Soccer 2001, Crazy Kung-Fu 2004).
Mouvement
Cinéma iranien (1989-2010)
Après la Révolution islamique de 1979, le cinéma iranien devient paradoxalement l'un des plus inventifs du monde, contournant la censure par la métaphore et l'enfance.
- Abbas Kiarostami : Où est la maison de mon ami ? (1987), Close-Up (1990), Le Goût de la cerise (Palme d'or 1997), Ten (2002).
- Mohsen Makhmalbaf, Jafar Panahi (Le Ballon blanc 1995, interdit de tourner en 2010 mais continue clandestinement), Asghar Farhadi (Une séparation, oscar 2011, Le Client, oscar 2016).
Mouvement
Nouvelle Vague taïwanaise (1982-2007)
Films lents, contemplatifs, sur la mémoire et la modernisation.
- Hou Hsiao-hsien : La Cité des douleurs (Lion d'or 1989), Three Times (2005).
- Edward Yang : A Brighter Summer Day (1991, 4h), Yi Yi (2000, prix de la mise en scène à Cannes).
- Tsai Ming-liang : Vive l'amour (Lion d'or 1994), Goodbye Dragon Inn (2003).
Mouvement
Vague coréenne (1999-aujourd'hui)
Après la fin de la dictature militaire (1987) et la levée progressive de la censure, le cinéma sud-coréen explose : qualité technique, narration virtuose, libération des sujets tabous.
- Park Chan-wook : Sympathy for Mr. Vengeance (2002), Old Boy (2003, Grand Prix Cannes), Mademoiselle (2016).
- Bong Joon-ho : Memories of Murder (2003), The Host (2006), Mother (2009), Snowpiercer (2013), Okja (2017), Parasite (2019, Palme d'or + oscars meilleur film, premier non-anglophone).
- Lee Chang-dong : Secret Sunshine (2007), Poetry (2010), Burning (2018).
- Hong Sang-soo, prolixe ascétique du quotidien.
Mouvement
Japon contemporain
L'animation domine commercialement et artistiquement. Ghibli (Miyazaki + Takahata, fondé en 1985) signe Mon voisin Totoro (1988), Princesse Mononoké (1997), Le Voyage de Chihiro (oscar 2002), Le Garçon et le Héron (oscar 2024). Satoshi Kon (Perfect Blue 1997, Tokyo Godfathers 2003, Paprika 2006). Makoto Shinkai (Your Name 2016, Suzume 2022). Côté live : Takeshi Kitano, Hirokazu Kore-eda (Une affaire de famille, Palme d'or 2018), Ryūsuke Hamaguchi (Drive My Car, oscar 2022).
Chapitre 16 · 2010-aujourd'huiStreaming, plateformes et cinéma global
2013
Netflix devient producteur
Lancement de House of Cards. Premier signal fort. En 2017, Netflix achète Mudbound à Sundance et le sort en salle minime pour pouvoir concourir aux oscars. Cannes refuse les films Netflix en compétition (2017). La guerre est ouverte.
2014-2018
Le cinéma d'auteur sur plateforme
Des cinéastes majeurs acceptent Netflix : Alfonso Cuarón (Roma, 2018, Lion d'or, 10 oscars), Martin Scorsese (The Irishman 2019), les Coen (La Ballade de Buster Scruggs 2018), Noah Baumbach (Marriage Story 2019). Ils ont les budgets et la liberté créative qu'aucun studio ne leur donne plus.
2019
Parasite
Bong Joon-ho remporte la Palme d'or, puis l'oscar du meilleur film (premier non-anglophone de l'histoire). Confirmation de la domination coréenne. Phénomène d'audience mondiale comparable à Squid Game (Netflix 2021).
2020
La pandémie
Les cinémas ferment pendant des mois. Warner annonce que tous ses films 2021 sortiront simultanément en salle et sur HBO Max. Tollé d'Hollywood. Sundance 2021 est entièrement virtuel. Le modèle de la sortie en salle exclusive est mort, sauf pour les blockbusters Marvel.
2022-2024
L'âge de la nostalgie et de l'IA
Top Gun Maverick (2022) et Avatar 2 (2022) sauvent les box-offices. Barbie et Oppenheimer sortent le même jour (juillet 2023, phénomène Barbenheimer). Grève des scénaristes et acteurs à Hollywood (mai-novembre 2023) contre la baisse des résiduels et la menace de l'IA générative. Accord historique : usage de l'IA limité. Côté festivals : The Brutalist de Brady Corbet (2024, Lion d'argent, 3h35), Anora de Sean Baker (Palme d'or 2024), Emilia Pérez de Jacques Audiard, The Substance de Coralie Fargeat.
2025-aujourd'hui
Ce qui reste à écrire
Le cinéma n'est pas mort, contrairement aux annonces régulières. Il a survécu au parlant, à la télévision, à la VHS, au DVD, au streaming. Aujourd'hui il vit en parallèle de la plateforme, dans les salles d'art et essai, les festivals, les rétrospectives. Les jeunes cinéastes continuent d'arriver : Charlotte Wells (Aftersun 2022), Celine Song (Past Lives 2023), Payal Kapadia (All We Imagine as Light, Grand Prix Cannes 2024). L'histoire reste ouverte.